Samedi 11 juin 2022

0km.

Plage de Lukovë.

Je suis rĂ©veillĂ© tard par Thea et Rafael, qui s’en vont, et les autres sont dĂ©jĂ  partis aussi dans leur van respectif. Il ne reste plus qu’Alicia et Alban, et d’ailleurs je ne sais pas oĂą ils sont en ce moment. Je marche donc jusqu’Ă  la plage, pas encore bien rĂ©veillĂ©, somnolent, et quelque peu mĂ©lancolique suite au dĂ©part des Allemands, avec qui je passais la plupart de mon temps. J’arrive sur le sable fin chauffĂ© par le soleil ardent pour le rĂ©gal de la plante de mes pieds, que j’adore gratter et frotter sur ces petits grains pour un massage naturel qui remonte mes nerfs et touche tous les organes de mon corps par on ne sait quelle magie de rĂ©flexologie chinoise jusqu’Ă  titiller doucement les rĂ©cepteurs du plaisir de mon cerveau. Je grimpe un tout petit monticule crĂ©Ă© sur le sable, haut de peut-ĂŞtre quarante centimètres, seulement, mais qui se dĂ©marque car ce n’est pas souvent qu’il y a des petits tas de sable comme cela sur une plage balayĂ©e continuellement par le vent et par l’eau et par les baigneurs, et donc sur le sommet de ce monticule je domine maintenant très lĂ©gèrement mon environnement, et je sens le vent frais venant de l’horizon marin me caresser le visage. Je plisse alors les yeux et regarde au loin. Ah, la mer. Le paradoxe de son horizon que l’on perçoit comme parfaitement plat et l’infinie complexitĂ© de sa texture et de sa forme, ondulĂ©e, cabossĂ©e, jamais au repos et changeant de forme chaque instant. Cet ordre lointain absolu qui, Ă  y regarder de plus près, devient chaos total et sublime, irreproductible, incalculable, imprĂ©dictible. Je repense Ă  la marmite Goldberg de Venise, Ă  la magie du monde et du destin, qui nous avale inlassablement, en cet instant mĂŞme et celui-ci encore, exposant sans cesse une partie de la trame de ce livre que l’on vit et que l’on lit Ă  la fois, dĂ©voilant en temps rĂ©el l’histoire du Spectacle, lorsque je tourne ma tĂŞte Ă  droite et qui ne vois-je d’autre lĂ  que Lucile et Carlos, assis dans le sable Ă  trois mètres de moi, grands sourires et me faisant des coucou de la main. Je m’approche d’eux. Ils voyagent ensemble en voiture, pour les deux dernières semaines de leur sĂ©jour en Albanie avant de chacun reprendre leur route. Ils sont lĂ  par chance; ils venus Ă  la plage de LukovĂ« sans savoir qu’il s’y dĂ©roulait un festival et ont dĂ©cidĂ© spontanĂ©ment d’acheter des billets d’entrĂ©es. Après une petite discussion, je vais me baigner. Ils partent ensuite manger au restaurant juste Ă  cĂ´tĂ©. Je vois Erica assise seule dans le sable pas loin et vais lui dire bonjour. Tout le monde se remet de la soirĂ©e de hier, avec une fatigue complaisante et calme. Ă€ cĂ´tĂ© de nous encore, je vois le deejay de Ksamil, avec sa copine et l’autre couple. Je cours de joie vers eux, quelle chance aussi qu’on se soit retrouvĂ©. Je rejoins ensuite Lucile et Carlos qui finissent leur plat, puis vais Ă  ma tente après qu’on ait agrĂ©Ă© de se retrouver plus tard. Je mange le souper avec Jenny et Andreas, on a cuisinĂ© nos derniers lĂ©gumes avec des pâtes. Lucile me retrouve lorsque je pars de ma tente pour nettoyer mes pots et me prĂ©parer avant la soirĂ©e. Elle dit avoir perdu Carlos, que l’on retrouve rapidement. Petite peur parce que j’ai Ă©garĂ© mon tĂ©lĂ©phone au bar pendant que l’on remplissait ma gourde d’eau. Petites retrouvailles avec Alicia, Alban, Joann, Lucile, Carlos dans le petit jardin de ma tente dĂ©limitĂ© par les pierres. Ce soir, il y a encore plus de monde que hier soir. On danse sur la grande scène. Passage au healing area, dans un joli dĂ©cor de toiles tendues entre des oliviers, d’un jeu de lumière alternant doucement entre le rouge vif et le bleu, Ă  mĂŞme le sol sur des tapis entourĂ©s de crĂ©ations artistiques en bois et en pierre. Danse de nouveau, puis avec Lucile on va Ă  la plage. Au retour, on veut acheter Ă  manger au stand du vieux monsieur qui vend des « pancakes », plutĂ´t du pain frit avec son tzatiki maison, concombres, tomates, olives, comme je l’ai fait tous les autres soirs. Mais on remarque une belle pastèque posĂ©e sur l’Ă©tale, et on nĂ©gocie un prix pour l’acheter toute entière. DĂ©gustation pendant que l’on se promène dans le festival. On croise Alicia qui nous demande une part, avant de s’excuser platement et nous la rendre après une seule morce, car elle n’arrive simplement pas Ă  manger maintenant.

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