Lundi 11 avril 2022

80km, 5h21.

Pomer, Šišan, Raša, Trget, Labin.

Je dors bien, je me réveille tard, je fais les courses et une dernière petite ballade à Pula, puis je fais mes sacs. Vesela et Felix partent sont déjà partis, mais j’essaierai de les rattraper aujourd’hui. Je repasse devant la fameuse carrière et continue la route, qui suit l’intérieur de la côte puis à un moment arrive sur une petite baie que je suis bien heureux d’admirer.

Luka Budava.

Juste après ça, la route descend jusqu’à la mer, au bout de la baie, puis remonte de l’autre côté, comme c’est toujours le cas avec ces baies, formation géologique oblige. Durant cette montée quelque peu longue et éprouvante sur un chemin de gravier, deux digestions opèrent: l’avocat pas assez mûr que j’ai acheté ce matin et goûté à midi, et, mentalement, les rencontres que j’ai faite à Pula, avec Mateo, la communauté de slackline, leur style de vie et les différences avec la mienne, Mijntje, les nouvelles expériences,… un tas de choses à processer, et mon cerveau s’occupe très bien de ça. Mille et une choses qui arrivent et repartent en succession sur le devant de la scène de mon esprit, pour être mijotées, appréciées, et triées dans les tiroirs de mes souvenirs et de ma mémoire. J’ai vraiment passé des bons jours et je suis reconnaissant envers Mateo de m’avoir approché et accueilli si promptement. Avec lui, que ça soit aux cafés, à l’extérieur, les deux ou avec ses amis, en déplacement ou à l’arrêt, les choses étaient simples, pas compliquées. Dans sa culture, on traîne ensemble, les gens arrivent et repartent, on peut être en groupe mais se placer à distance sans que des questions soient posées. Bien différent de ma culture en Suisse, où tout est calculé, planifié; où il faut une raison pour se voir et une raison pour se dire au revoir.

En pédalant aujourd’hui, je perds un peu la notion du temps et des kilomètres. Peu après 18h, je suis sur un plateau près de la mer juste avant une longue montée, et décide de camper là.

Une vue sur le plateau de Raša.

Après avoir demandé sans grand succès à un homme qui réparait son camion s’il avait une place dans son jardin, je rencontre Sanja, qui décharge sa voiture blanche. Elle m’indique un petit village côtier pas loin, Trget, où je pourrais peut-être trouver un endroit. Elle me dit qu’elle habite en Suisse, à Belinzone, et me donne son numéro au préfixe 41, au cas où je ne trouverais rien et atteindrait sa ville, Labin, qui se trouve à huit kilomètres. Je ne trouve rien à Trget, et fais la montée subséquente pendant le coucher de soleil. J’arrive au sommet de la colline, mange quelques figues après l’effort, et roule jusqu’à Labin.

Juste après 300m de dénivelé.

Je trouve du Wifi et contact Sanja. Elle m’invite à monter jusqu’à la vieille ville, où elle m’accueille. Elle s’excuse de ne pas avoir insisté plus rapidement pour que je vienne chez elle. Elle a une chambre pour moi et me prépare à manger pendant que je me douche. Elle a cuisiné des pâtes fabriquées par sa voisine du dessous, délicatement pliées une par une. Comme sauce, elle cuit des petites asperges sauvages qu’elle a cueillie, dans de l’huile d’olive de sa sœur, ainsi que son brocoli. Quand on s’est parlé à RaÅ¡a, elle était en fait en train d’aider sa sœur avec des plantations; elle fait pousser des dizaines de milliers de légumes qu’elle revend. Elle m’avertit à propos des serpents sautant venimeux à corne que l’on peut trouver en Croatie. Moi qui pensais que les plus grands dangers faunesques étaient les chiens et à la limite les ours, il faut maintenant que je fasse attention à des bestioles quasi invisibles au sol. Je suis en tout cas bien content qu’elle m’en ai parlé. On fait ensuite un petit tour de la vieille ville, où elle m’en dit plus sur la vie locale. Autrefois, Labin était une grande ville minière de charbon, et la ville est pleine de galeries et de cheminées. Une galerie descend même jusqu’à RaÅ¡a ! J’apprends que les Croates laissent souvent des paires de chaussures peu usées dans la rue, pour qu’une personne qui en a besoin puisse les prendre. Elle me montre aussi les différentes villes visibles dans la nuit depuis la colline sur laquelle est bâtie Labin. Puis, dodo !

4 réponses sur « Lundi 11 avril 2022 »

È stato bellissimo conoscerci. Ho ricevuto molto di più io da te. Mi sento più ricca e adesso avrò un pensiero in più ogni sera  » spero che mio amico anche stasera abbia trovato un posto sicuro e confortevole per dormire e magari in compagnia delle persone che renderano tuo viaggio felice. Buon viaggio Cristoforo e ti aspetto a Bellinzona al tuo ritorno in patria. Sanja

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