Dimanche 3 avril 2022

38km, 2h12.

Monfalcone, Duino, Trieste.

Aujourd’hui, direction Trieste le long de la cĂ´te du Golfe Ă©ponyme. Le long de la route, je visite l’Ă©glise de San Giovanni in Tuba, construite au quatrième siècle pour contenir des reliques et agrandie Ă  la suite de son succès avec les pĂ©lerins. Ă€ l’intĂ©rieur de l’ Ă©glise, on peut apercevoir le bâtiment original avant l’agrandissement, qui est recouvert de plantes sous la lumière du soleil qui pĂ©nètre par les vitres. Un lieu beau et mystique, dont le jardin et les petites cascades amènent sĂ©rĂ©nitĂ© et calme.

San Giovanni in Tuba.

Je continue mon chemin. Ă€ Duino, un château qui avait l’air bien beau et qui sera Ă  visiter une autre fois. La route s’Ă©lève un petit peu plus au-dessus du niveau de la mer, et il y a une belle vue ensoleillĂ©e sur tout le golfe.

Moi, mon vélo, le golfe de Trieste, et Trieste au loin !

Puis en arrivant près de Trieste, j’aperçois le château de Miramare, duquel j’essaie de m’approcher, mais c’est interdit aux vĂ©los. Les voitures, elles, peuvent passer en payant le parking. On retiendra la leçon; venez en voiture, surtout pas en vĂ©lo. Cynisme mis de cĂ´tĂ©, j’accepte que ce n’ est que partie remise. Je continue donc la route et aperçois bientĂ´t le phare de Trieste, en surplomb. Celui-lĂ  mĂŞme que j’avais vu scintiller hier soir sous le nuage menaçant, depuis l’autre cĂ´tĂ© du Golfe.

Longue colonne surmontĂ©e d’une statue en cuivre reprĂ©sentant la Victoire ailĂ©e, le Faro della Vittoria annonce mon arrivĂ©e dans Trieste, dernière ville d’Italie du nord-est, et aussi ville de l’extrĂŞme sud d’Europe centrale, qui marque le dĂ©but de mon voyage dans les Balkans. Ă€ première vue dĂ©jĂ , Trieste ne ressemble pas aux autres villes italiennes que j’ai pu visiter, et c’est parce que c’est une ville Ă  l’histoire complexe de par sa stratĂ©gique position gĂ©ographique. D’abord ville romaine, puis du Premier Empire, elle fĂ»t ensuite le seul point de contact de l’empire avec la Mer MĂ©diterranĂ©e de l’empire austro-hongrois. RattachĂ©e ensuite Ă  l’Italie, elle est donc un beau mĂ©lange des mondes latin, germanique et slave.

Je trouve une jolie auberge de jeunesse sur le cĂ´tĂ© sud de la ville, Ă  la Piazza Venezia, ControVento, et rĂ©serve deux nuits. Ils sont dans un ancien bâtiment du dĂ©but du XIXe siècle qu’ils ont retapĂ© en auberge de jeunesse en conservant l’architecture originale. Le dĂ©cor est colorĂ©, propre, et des plantes agrĂ©mentent le tout. Je prends une douche et pose mes affaires dans le dortoir Ă  trois, dont je me trouve ĂŞtre le seul occupant, puis sors manger chez Melograno, un très joli restaurant au dĂ©cor chaud qui propose plusieurs options vĂ©gĂ©tariennes. Vraiment bon. Je croque quelques objets au stylo, m’entrainant toujours au dessin, dĂ©sastreusement, mais je m’y essaie. One step at a time. Un peu comme mon chemin pour l’Inde, un peu comme tout projet dans la vie. Je sais que malgrĂ© qu’il arrive qu’on surestime ce qu’il est possible de faire en un jour, on sous-estime souvent de quoi on est capable sur le long terme. Et de toute façon, j’adore ça.

Ensuite, je vais visiter le musĂ©e d’art oriental, un musĂ©e civique qui regroupe diffĂ©rentes pièces ramenĂ©es lors d’expĂ©ditions italiennes en Chine et au Japon. Au premier Ă©tage, des Ĺ“uvres Gandhara, une rĂ©gion que je ne connaissais mĂŞme pas jusqu’Ă  aujourd’hui. SituĂ©e sur le territoire oĂą se trouve aujourd’hui le Pakistan et l’Afghanistan, cette rĂ©gion Ă©tait une grande croisĂ©e de l’ancienne route de la soie, et a mĂŞlĂ© l’art bouddhiste et l’art grĂ©co-romain. Plusieurs pièces sont disposĂ©es dans le musĂ©e. Au deuxième Ă©tage, une collection d’objets de Chine tel que des habits en soie, des cerfs-volants, des vases, assiettes, bols, et autres Ă©lĂ©ments en porcelaine, polychromes ou en blanc et bleu, avec des dĂ©tails incroyables sur les peintures. Plus haut, on passe aux objets japonais, avec de la cĂ©ramique, des petites tasses de sakĂ© dĂ©corĂ©es toutes mignonnes, des peintures sur papier, et enfin des sabres et d’autres armes. Charmante petite visite qui me donne un petit avant-goĂ»t Ă  travers une très longue lunette sur les cultures vers lesquelles je me dirige.

Assiette japonaise en céramique.
DĂ©licate et sereine peinture japonaise.

Après le musĂ©e, je prends le bus numĂ©ro 6 pour me rendre au Castello di Miramare, rĂ©sidence de l’archiduc Maximilian, qu’il a fait construire vers 1850 dans un style Ă©tonnant de gothique-roman-renaissance. En y arrivant sur la route qui longe la mer, on traverse d’abord une large porte en forme d’arche, placĂ©e lĂ  pour couper la Bora, le fameux vent provenant du nord-est qui souffle violemment sur toute la rĂ©gion, principalement en hiver. Puis en continuant la marche se dĂ©voile bientĂ´t le château, tout au bord de l’eau.

Arrivée au Castello de Miramare.

Je visite l’intĂ©rieur, grandiose. Une partie du premier Ă©tage a Ă©tĂ© agencĂ© pour ressembler Ă  l’intĂ©rieur d’une cabine de bateau. Murs en bois, carpette, motifs d’ananas, d’ancres et de couronnes, etc. Avec la mer juste Ă  cĂ´tĂ©, on s’y croirait vraiment ! Une des salles contient une splendide bibliothèque, dĂ©tenue par l’archiduc et sa femme, la princesse de Belgique. Au-dessus des rayons, il y a les lettres de l’alphabet pour classer les livres, qui ont Ă©tĂ© gardĂ©s dans leur position d’origine comme organisĂ©s par le couple. J’essaie de trouver des Ĺ“uvres que je reconnaĂ®trais.

Le salon et sa bibliothèque.
L’escalier.

Puis je fais un tour du parc, qui s’Ă©tend derrière le bâtiment dans des chemins sinueux, sous un ciel incertain et spectaculaire; c’est l’heure dorĂ©e, les rayons du soleil aspergent d’or le jardin, mais des nuages menaçants percutent ce dĂ©cor lumineux. Remarquant que les oiseaux volent hauts dans le ciel, je ne me soucie pas d’une pluie potentielle. Au retour, je recroise des Ă©tudiants qui avaient pris le mĂŞme bus que moi en venant. Ils m’invitent Ă  manger avec eux plus tard Ă  un festival de nourriture de rue qui se dĂ©roule le long du Canal Grande di Trieste, mais je refuse car je me sens bien trop fatiguĂ©. Souper au Barattelo, un vieux restaurant familial, oĂą je me rĂ©gale. RetournĂ© Ă  l’auberge de jeunesse, je nettoie ma sacoche de nourriture/cuisine, oĂą s’est renversĂ© de l’huile d’olive de mon bocal de pomodoro secchi ainsi qu’une tomate que je conservais depuis quelques jours et qui a Ă©tĂ© Ă©crasĂ©e. Un joli chenil. Dans la cuisine, je rencontre ensuite Mijntje, une jeune femme hollandaise qui voyage une demi annĂ©e avant de commencer ses Ă©tudes de mĂ©decine, et SĂ©bastien, un français qui voyage comme moi Ă  vĂ©lo, en Europe, durant son annĂ©e sabbatique entre des Ă©tudes d’astrophysique. Il a une guitare avec lui, qu’il transporte sur son vĂ©lo, et joue dans la rue principalement pour rencontrer des gens, mais ça lui rapporte aussi parfois un peu d’argent, qu’il peut ajouter au budget de son voyage. Je l’envie, d’avoir un instrument plus lĂ©ger qu’un piano, mais aussi d’avoir ce qu’il faut pour jouer en public en demandant de l’argent. Très chouette type qui continue maintenant sa route jusqu’Ă  Budapest oĂą il essayera d’apprendre le hongrois. On remarque qu’il est minuit passĂ©e et on sonne la fin de la journĂ©e.

Le blog de SĂ©bastien: https://voyagedesebas.blogspot.com/

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