Vendredi 25 mars 2022

0km

Verona.

J’ai quand mĂŞme envie de visiter la ville, je commence Ă  comprendre que ça ne ferait pas sens pour moi de faire mon voyage sans visiter les villes que je traverse, du moins en partie. Je dĂ©cide donc de rester une nuit de plus Ă  Verona. Le b&b est malheureusement complet, et je dois en chercher un autre. EmbĂŞtant, car bouger mes affaires prend beaucoup de temps. Je trouve un autre b&b pas loin sur Booking et sors rejouer la stratĂ©gie de la demande directe. Le propriĂ©taire est content que je sois venu, me fait une offre, me demande ma carte de crĂ©dit… puis remarque que quelqu’un d’autre vient de faire une rĂ©servation il y a quelques secondes. Peu de fortune. Je retourne Ă  mon premier b&b pour me reconnecter au Wi-Fi. Le prix d’un autre hĂ´tel que j’avais vu a entre temps montĂ© de prix, de plus de 10%! Je vais sonner chez eux, personne ne rĂ©pond. Je reviens Ă  mon QG, et le prix a de nouveau baissĂ© au prix d’origine. Fichus algorithmes, je sens qu’on veut tirer chaque euro possible de moi en hackant mon comportement et mon profil type. C’est oppressant! Mais bon, on est quand mĂŞme content qu’un site tel que Booking existe. Je rĂ©serve donc, et dĂ©place toutes mes affaires. C’est un petit loft. Il y a une cuisine, je chauffe mes pâtes de l’avant veille et râpe mon pecorino dessus. Je me pose des questions sur l’utilitĂ© de sauver quelques euros sur une chambre ou sur tout autre chose, lorsque d’autres dĂ©penses rendent ceux-ci nĂ©gligeables sur le long terme. J’ai perdu une heure pour Ă©conomiser dix euros; en rĂ©trospective je trouve souvent que ça ne valait pas la peine car mon temps est plus prĂ©cieux que l’argent Ă©conomisĂ©, mais j’ai de la peine Ă  appliquer cela.

Tout cela rĂ©glĂ©, je sors visiter VĂ©rone. Ville oĂą se dĂ©roule l’histoire de RomĂ©o et Juliette, elle est de facto une ville romantique et j’en tombe amoureux rapidement. Je commence par la Piazza Bra, oĂą se trouve l’Arena, un amphithéâtre romain plutĂ´t bien conservĂ©.

Un petit air de Colisée.

Je passe ensuite par Castelvecchio, un très beau château mĂ©diĂ©val. Je l’adore, je m’y dĂ©place bĂ©atement, contemplant l’architecture, simplement fascinĂ© par l’existence et l’histoire d’un tel bâtiment. Il y a des pièce de marbres gravĂ©es de rĂ©cits d’Ă©vĂ©nements importants du passĂ©: un mariage, une mort, un assassinat, … Ils ont l’air de faits divers et insignifiants aujourd’hui, mais pouvaient tant signifier Ă  l’Ă©poque oĂą ils ont Ă©tĂ© Ă©crits.

Castelvecchio.

Je traverse ensuite le Ponte di Castelvecchio, oĂą traĂ®nent des Ă©tudiants, longe l’Adige, et reviens entre les murs par le Ponte della Vittoria qui commĂ©more la Grande Guerre. LĂ , Porta Borsari, une grande porte construite au 1er siècle av. J.-C. Ă  l’Ă©poque romaine Ă  l’entrĂ©e de la ville . Il y a plus de deux mille ans… j’imagine les charrettes et les habitants en tunique y passer et songe Ă  tout ce que le monde a traversĂ© depuis. Trop dingue.

Porta Borsari.

Puis la cathĂ©drale di Santa Maria Matricolare, la Basilica di Santa Anastasia, une Ă©glise de style gothique italien, d’autres Ă©glises, et une petite errance dans les rues pleines de visiteurs. Je cherche un endroit oĂą boire un thĂ©, mais comprends vite qu’en Italie on ne jure vraiment que par le cafĂ© et abandonne. Je me pose Ă  un cafĂ© au bord de l’Adige qui donne sur Castel San Pietro en face.

Vue sur San Pietro.

J’Ă©cris une lettre, puis traverse le Ponte Pietra et monte San Pietro pour le coucher de soleil. Il a du monde, mais tout le monde est calme et accepte la sĂ©rĂ©nitĂ© du moment. C’est une belle fin de journĂ©e et la lumière dorĂ©e est magnifique.

Vue sur Ponte Pietra et la cathédrale di Santa Maria Matricolare.

Le soir, je mange au Locanda 4 Cuochi. C’est apparemment un petit restaurant bien rĂ©putĂ©. C’est drĂ´le, ils m’assoient sur la seule table plus haute que les autres, donc je domine toute la salle depuis mon coin, faisant face au restaurant bondĂ©. Et je suis l’unique personne seule. J’ai l’impression d’ĂŞtre un critique de restaurant venu goĂ»ter et noter leur cuisine. Je sors mon clavier Bluetooth pour Ă©crire dans mon journal, ce qui ne fait qu’accentuer cet effet, et je remarque tous les serveurs passer et repasser devant ma table en me jetant des regards suspicieux et presque apeurĂ©s, essayant de voir ce que j’Ă©cris. C’est trop drĂ´le! Au moins, mes assiettes seront les meilleures! J’adapte le menu pour prendre des plats vĂ©gĂ©tariens. D’abord un puff pastry au Parmesan, artichaut et sauce curry, puis des gnocchi Ă  la crème de Parmesan, brocoli et olives. Tout est très bon. Je remarque Ă  quel point le pain du Mimi de Bergamo Ă©tait supĂ©rieur. Je dĂ©cide de prendre un dessert quelque part d’autre et sort m’aventurer une dernière fois dans les rues de la ville encore bien animĂ©es avant de rentrer me reposer puis me coucher.

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