Mardi 28 juin 2022

107km, 6h01.

Patras, Aigio, Diakopto, Xylokastro.

J’essaie d’atteindre Athènes pour demain soir et voir Lucas, ce qui signifie deux cents quarante kilomètres en deux jours, en suivant la cĂ´te sud du golfe de Corinthe. C’est principalement plat, mais mon application me dit que ça reprĂ©sente quand mĂŞme deux milles mètres de dĂ©nivelĂ© total. En plus, j’ai du vent contraire aujourd’hui. Je roule comme un forcĂ©nĂ© pour y arriver.

Le soir, je rencontre Laetitia, une autre voyageuse Ă  vĂ©lo, juste avant qu’elle ne s’Ă©chappe dans une rue qui menait sur une plage cachĂ©e oĂą elle comptait bivouaquer. Je vais acheter des vivres Ă  Xylokastro, puis reviens planter ma tente Ă  cĂ´tĂ© de la sienne. Je reviens juste Ă  temps pour le coucher de soleil, et je plonge immĂ©diatement dans l’eau pour me baigner. Les couleurs suaves du ciel et de tout le paysage sont splendides. Je mange ensuite pendant qu’on discute de nos vies et de nos voyages. Laetitia a une Ă©nergie très calme et relaxante. Elle va se coucher vers vingt-trois heures et je fais une ballade sur la plage avant d’aller me coucher.

Ă€ deux heures du matin, je suis rĂ©veillĂ© par le roulement continu de tonnerre. Un orage sĂ©vit de l’autre cĂ´tĂ© du golfe, et les Ă©clairs Ă©clatent partout haut dans le ciel. Je sens quelques gouttes, et me prĂ©cipite au-dehors de ma tente pour installer la toile impermĂ©able de ma tente, que je n’avais pas mise, et rentrer mes sacoches et mes habits. Dans le noir, je dĂ©plie, tends, accroche, plante des sardines et les soutiens avec des amas de cailloux. Je suis complètement paniquĂ©, car le vent s’est levĂ© et tout annonce que l’orage nous fonce dessus. Je crie le nom de Laetitia, qui Ă©tait aussi rĂ©veillĂ©e dans sa tente. Je lui demande illico: « est-ce que t’as peur ? Parce que si tu n’as pas peur, je n’aurai pas peur non plus ». Elle a l’air totalement zen et ne s’inquiète pas, ce qui me rassure. Si j’avais Ă©tĂ© seul, je ne peux mĂŞme pas imaginer ce que j’aurais fait, mais dans la panique j’aurais sĂ»rement dĂ©guerpi vers les maisons les plus proches en pyjama. L’orage Ă©clate sur nous pour un petit quart d’heure puis ça se calme. Je peine ensuite Ă  me rendormir.

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