Mercredi 20 avril 2022

0km.

Ĺ ibenik.

Aujourd’hui ça va mieux. Le persuasif brouillard mental s’est levĂ© de mon esprit et je peux de nouveau ressentir les choses, vĂ©ritablement les vivre plutĂ´t qu’en tĂ©moigner lointainement. J’aurais pu annoncer mon dĂ©part pour demain, mais voilĂ , les proches me recommandent une journĂ©e de repose supplĂ©mentaire. Je me rĂ©signe, mais facilement, dans le passĂ© j’ai redĂ©marrĂ© trop vite pour rechuter, je sais que la sage dĂ©cision est de forcer le repos. Je reste donc un jour de plus et c’est dĂ©cidĂ©, le surlendemain je repars, et d’ailleurs j’en ai bien besoin, mon derrière se repose trop et le (in)confort de la selle lui manque.

Dans l’après-midi, j’en profite pour visiter un peu mieux la ville. Charmant petit bourg fortifiĂ© construit sur une pente littorale (vĂ©ritables flashbacks de Lausanne) dans une oblongue baie au mince canal d’Ă©chappement, Ĺ ibenik est la plus vieille ville native croate de la cĂ´te adriatique. Entre les murs, dĂ©dale de rues aux allures organiques, de pavĂ©s polis et de murs de pierres blanches, et nombreuses Ă©glises dissĂ©minĂ©es qui semblent jouer avec moi Ă  cache-cache, apparaissant spontanĂ©ment et inopinĂ©ment après un coude serrĂ© ou le passage d’un escalier dĂ©sinvolte, style gothique, renaissance, ou les deux, il y en a pour tous les goĂ»ts. Beaucoup de petits dĂ©tails ornementaux, sur les Ă©glises aux portes en bois ou aux corniches, ou sur les murs, et partout toujours cette couleur de pierre blanche et pure. Il y a rĂ©ellement quelque chose avec la cohĂ©rence visuelle de cette ville; Ă  chaque croisement elle nous donne envie de dĂ©gainer nos rĂ©flexes, automatiquement, impudiquement, de saisir a ainsi son charme mais c’est souvent un traquenard: impossible de rĂ©ellement attraper sa beautĂ© dans un simple cadre, il faut la voir avec un Ĺ“il, ou deux c’est encore mieux, appareils grand angle avec profondeur de champ intĂ©grĂ© et balance des blancs instantanĂ©. C’est toute une douce richesse qui habite l’intĂ©rieur des anciens murs, sans pour autant nuir Ă  une obligatoire vie un peu plus touristique qui s’est dĂ©veloppĂ©e aux alentours de ceux-ci, en marge du port surtout: restaurants, bars, promenade, va-et-vient de yachts et de catamarans pour les fortunĂ©s vagabonds saisonniers des Ă®les croates. Il y a aussi le fort, tout au-dessus, que je visiterai demain.

Sinon, Ă  la maison, je cuisine, je lis, je n’Ă©cris pas beaucoup par contre. Encore un peu de dessin. Et j’Ă©coute beaucoup de musique, surtout des sonates pour piano de Beethoven et Mozart, et leur analyse technique ou d’interprĂ©tation. Quelle chance a-t-on d’avoir tant de savoir gratuitement partagĂ© accessible sur internet.

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