Jeudi 14 avril 2022

64km, 4h27.

Palit, Mišnjak, île de Pag, Šimuni.

RĂ©veillĂ© par le toquement Ă  la porte pour m’inviter Ă  prendre le petit-dĂ©jeuner avec StĂ©phanie et Lukas. Puis on descend nos bagages pour partir. Mais avant, règlement des dettes Ă  la suisse: le prix de la nuitĂ©e est en fait divisĂ© par trois, on a gardĂ© la quittance de la pizza de hier après-midi, et l’addition avec les deux croissants de ce matin donne un montant que je dois rĂ©gler immĂ©diatement par… Twint ! Au milieu de ces dernières semaines d’Ă©change, de dons et de partage, je retrouve cette caractĂ©ristique suisse qui calcule tout prĂ©cisĂ©ment et ne laisse rien passer. Un Ă©lĂ©ment de ma culture dont j’ai hĂ©ritĂ©, mais que j’essaie dĂ©finitivement et tant bien que mal de changer, de fuir. J’ai vraiment ressenti la froideur et la distance qu’a creusĂ© cette manière de faire, et ne l’ai pas trouvĂ©e agrĂ©able, l’ai trouvĂ©e moins humaine.

Je les suis en dĂ©but de journĂ©e. Je retrouve le mĂ©ticuleux suisse: la route a Ă©tĂ© planifiĂ©e exactement, avec le passage au magasin DM pour acheter ses produits, Ă  la boutique familiale qui vend des produits bio, le point pour faire les courses,… Rien n’est laissĂ© au hasard. MĂŞme les billets de ferry sont dĂ©jĂ  achetĂ©s, en ligne. Après avoir quittĂ© l’Ă®le de Rab et rejoint la terre ferme, on se quitte; eux montent au parc national Velebit, moi je descends le long de la cĂ´te.

Stéphanie et Lukas sur Rab.

Aujourd’hui est la première journĂ©e oĂą j’ai roulĂ© entièrement en short et t-shirt ! Il fait carrĂ©ment chaud. Je pĂ©dale une vingtaine de kilomètres puis reprends un ferry pour une autre Ă®le, celle de Pag. LĂ , je trouve un paysage entièrement rocheux. Le soleil tape fort, je sue de tout mon corps, je me sens tellement bien Ă  m’atteler Ă  cette tâche qui est de pĂ©daler et pĂ©daler en sachant que chaque coup de jambe et un petit pas de plus dans la direction de l’Inde. Un panneau nous indique que cette route et son paysage sont utilisĂ©s pour tourner des spots publicitaires de voitures automobiles.

Première partie de route sur Pag.

Après ĂŞtre passĂ© sur l’autre versant de l’Ă®le, je dĂ©couvre un paysage sec qui ondule vers le lointain, contenant des pâturages sĂ©parĂ©s par des murs de pierre qui dĂ©limitent des rectangles Ă  perte de vue.

Pâturages onduleux sur Pag.

En fin de journĂ©e, je commence Ă  demander aux locaux un endroit oĂą planter ma tente; quelques insuccès, puis je suis menĂ© Ă  une plage, on me dit qu’hors-saison, ça ne dĂ©range personne malgrĂ© les interdictions officielles. Je trouve le coin qui me plaĂ®t le plus. La plage est dure, je ne peux pas planter les sardines et utilise des pierres pour les tenir au sol. Je cuisine de la polenta puis me promène dans les environs.

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