Vendredi 18 mars 2022

63km, 4h15

Domodossola, Piedimulera, Premosello-Chiovenda, Mergozzo, Omegna, Orta San Giulio.

RĂ©veillĂ© par du Ludovico Einaudi qui jour dans le salon. Emanuela me propose de manger les restes de patates avec de la raclette, ce que j’accepte volontiers. Durant ce petit-dĂ©jeuner inĂ©dit, elle m’aide Ă  chercher un prochain point de relais, sur WarmShowers, dans une auberge de jeunesse pas trop chère, ou sur un autre site pour les voyageurs. Mais on ne trouve rien, je dis donc que je ferai confiance Ă  l’Univers et je me prĂ©pare Ă  partir. On se dit adieu, une photo souvenir, et je lui dĂ©clare au moment d’enfourcher mon vĂ©lo que c’est l’heure de l’aventure, Ă  l’exact mĂŞme moment que sonnent les cloches pour midi. Si tĂ´t dans mon voyage, la rencontre Ă©normĂ©ment enrichissante avec Emanuela, tant sur le point politico-Ă©conomique et historique que spirituel, m’accable, mais positivement. Grâce Ă  ce qu’elle a partagĂ© avec moi, si le voyage devait se terminer maintenant il aurait Ă©tĂ© concluant et m’aurait apportĂ© des grandes rĂ©ponses dĂ©jĂ . Mais je continue de rouler, aujourd’hui, si ce n’est pour le plaisir de pĂ©daler.

Grazie mille Emanuela 🤗❤️

Juste avant de partir, Emanuela m’a donnĂ© une citation de Goethe, qu’elle a aussi affichĂ© sur son frigo:

Until one compromises, there is hesitation, the possibility of turning back, and always ineffectiveness.

With respect to every act of initiative (and creation) there is only one elementary truth, ignorance kills countless ideas and beautiful plans. The moment one permanently compromises, providence moves as well. All sorts of things happen to help, things that otherwise would never have happened.
A stream of events begins with the decision, causing all sorts of unpredictable incidents, encounters, and material assistance to arise in our favor that no one would have dreamed could come this way.
Everything you can do, or dream you can do, begin.
Courage has genius, power and magic in it. Begin it now.

Direction le sud, pour sortir des Alpes. La première partie de la journĂ©e suit une piste cyclable rĂ©gionale qui longe la rivière Toce. Contrairement Ă  l’autre jour en suivant le RhĂ´ne, cette route est riche et variĂ©e: elle n’est pas simplement parallèle Ă  la rivière, mais ose s’aventurer Ă  gauche et Ă  droite, passer sous on pont, faire un dĂ©tour par une forĂŞt ou un petit village, monter et redescendre. C’est vraiment adorable et agrĂ©able comme chemin! Vive la diversitĂ©. Je croise des troupeaux de chèvres et de moutons, au milieu du chemin, accompagnĂ©s toujours par un berger: un vieil homme avec une canne toujours, parfois couchĂ© sur un banc Ă  faire la sieste, une caisse de cannettes de bières vides Ă  cĂ´tĂ©. La nature ici est plus sauvage, ou plutĂ´t moins artificiellement contrĂ´lĂ©e, qu’en Suisse.

Plus tard, je cherche une alimentation pour me ravitailler: je passe sur la grande route. Après avoir demandĂ© dans plusieurs villages, je comprends que les magasins n’ouvrent qu’Ă  15h. J’ai faim et continue donc quand mĂŞme de chercher. Je ne trouve plus trop de magasin. Puis j’en trouve un qui ouvre Ă  16h, j’attends l’ouverture devant et un monsieur accompagnĂ© de sa petite-fille me dit qu’ici, tout ouvre Ă  16h30. FrustrĂ©, je continue. Finalement, je trouve un Aldi et dĂ©cide de faire mes courses lĂ . Un marchĂ© local aurait Ă©tĂ© plus sympa, mais je ne peux plus attendre. J’achète 5 bananes, 3 clĂ©mentines, une tomate, des dattes, du pain, du fromage, du beurre de cacahuète, une pâte Ă  tartiner Ă  l’olive, et des biscuits pour 14.28€. Je sors mes sous pour la première fois du voyage. Il y a un Wifi gratuit et j’en profite en mangeant. Un homme me demande oĂą je vais et me dit qu’il cherche Ă  acheter une maison dans le coin, mais qu’il y en a peu avec des places de parque pour voiture, ce qui est un problème d’offre dans la rĂ©gion.

Après ça, c’est dĂ©jĂ  l’heure de trouver un endroit oĂą poser ma tente. Je dĂ©cide de rejouer la stratĂ©gie du jardin privĂ©. Je roule jusqu’Ă  Omegna au lac d’Orto, puis plus loin, sans rien trouver. Il y a Ă©normĂ©ment de campings, mais je prĂ©fère ne pas payer, je peux faire dans douche au moins une nuit, c’est plus amusant comme ça. J’arrive Ă  Orta San Giulio, une pĂ©ninsule d’environ un kilomètre de diamètre, qui a une haute colline en son centre, et j’en fais le tour. Il y a la vue sur l’Ă®le de San Giulio, juste en face, qui est pleine de maisons, et les couleurs de celles-ci s’accordent avec la lumière du ciel et son coucher de soleil.

L’Ă®le de San Giulio sur le lac d’Orta

Je dĂ©cide de ne pas aller plus loin au sud, et cherche dĂ©sespĂ©rĂ©ment un endroit, alors qu’il est après 19h. Je croise un couple qui promène leur chien, et ils semblent tout nerveux de vouloir m’aider, car ils ont une solution mais n’arrivent pas Ă  me la communiquer. Leur fils arrive et m’explique en meilleur anglais. Il me demande si je cherche un endroit avec une vue panoramique. Un peu confus, je rĂ©ponds que je cherche n’importe quel bout de parcelle. Ils me disent de suivre le père, qui a pris sa voiture. On monte sur la colline au milieu de la pĂ©ninsule. Je suis Ă  bout de souffle en tentant de le suivre. Au sommet, il s’arrĂŞte et m’explique qu’il y a un petit air de camping-car, et que je peux sans soucis planter ma tente Ă  cĂ´tĂ©, car c’est un lieu saint de pĂ©lerinage. On est Ă  Sacro Monte, une très vieille Ă©glise avec plein de chapelles. Je le remercie et vais vite monter ma tente et cuisine des pâtes avec une sauce tomate Ă  la courgette. Il y a des tables de pique-nique en pierre et aussi des toilettes propres. Je visite Sacro Monte de nuit. Il n’y a personne, c’est calme Ă  part des chiens qui aboient au lointain. Je passe du temps Ă  regarder l’Ă©glise et sa belle architecture. Je pense aux mille ans de son histoire, Ă  tous les pèlerins et visiteurs qui sont passĂ©s par ici, Ă  notre hĂ©ritage religieux. Je suis totalement submergĂ© par la grandeur culturelle de ce lieu. Derrière, il y a une vue imprenable sur l’Ă®le de San Giulio. Heureux de dormir ici, je retourne dans ma tente.

Aphorisme du jour:

Architecte de pistes cyclables, quel beau et utile métier.

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