Lundi 14 mars 2022

54km, 3h47

Collombey, Monthey, St-Maurice, Sion.

RĂ©veil Ă  7h45, alors que les rayons de soleil commencent juste Ă  atteindre la toile de la tente. Je me suis rĂ©veillĂ© plusieurs fois durant la nuit, Ă  cause du vent et de l’inconfort. Aujourd’hui, il fait grand beau. J’entends des poules, un tracteur, quelques voix humaines, et le vrombissement des voitures lointaines. La tente est encore mouillĂ©e et je la range comme ça; je la sècherai plus tard. Je mange une grosse banane en admirant les sommets de montagnes enneigĂ©es qui se trouvent tout autour de moi. Je croise le propriĂ©taire du terrain, le remercie, puis m’en vais. Le matin, je roule sans suivre la piste cyclable officielle; comme je suis dans une vallĂ©e, je peux difficilement complètement me tromper de chemin. Je passe dans des villages, flânant Ă  ma guise et prenant le temps de tout admirer. Puis je tombe sur la route cyclable, près du RhĂ´ne. Ă€ St-Maurice, superbe monastère que j’aimerais bien venir visiter une autre fois. St-Maurice se trouve Ă  un petit resserrement dans la vallĂ©e, et le vent y souffle donc super fort, canalisĂ© par un effet d’entonnoir. Puis jusqu’Ă  Martigny, un vent constant qui souffle dans la direction opposĂ©e m’empĂŞche de facilement avancer. Ça doit souffler Ă  40-50km/h, sans rĂ©pit. Au lieu de pouvoir rouler Ă  un peu plus d 20km/h, sur une route plate, je suis Ă  11km/h. C’est pĂ©nible et fatiguant; j’en dĂ©clare le vent mon ennemi du jour!

En suivant la vallĂ©e, j’ai parfois l’impression que les montagnes m’entourant sont des gigantesques tsunamis figĂ©s. La taille monstre et la forme oppressante me donne un sentiment de sublime. Je songe Ă  la petitesse de nos constructions de fourmis ici bas. On bouge dans tous les sens au milieu de la rigiditĂ© des grandes montagnes.

Près de Martigny, la vallĂ©e bifurque Ă  angle droit et part sur la gauche. Je croise Yves, un cycliste de course qui me demande oĂą je vais comme ça. Je lui demande Ă  propos du vent et il m’explique que ça souffle très souvent comme ça, mais qu’Ă  partir de Martigny, c’est beaucoup plus calme. Je suis rassurĂ©, car ça relevait d’un vĂ©ritable combat! Je continue de suivre le Route du RhĂ´ne. Sur de longs bouts, le chemin est monotone; la route amĂ©nagĂ©e sur la digue de la rivière offre toujours une vue pareille qui se rĂ©pète. Au milieu de ça, je dois juste pĂ©daler et rouler, rouler pour le simple fait de me dĂ©placer plus loin. Proche de Sion, la route redevient un plus multitone. Je m’arrĂŞte Ă  une jolie table de pique-nique pour manger le pamplemousse offert par Anda. Un dĂ©lice! J’adore vraiment ce fruit.

J’arrive Ă  Sion vers 15h et me dirige vers l’appartement de ma cousine. Chez elle, je monte mes sacs, prends une douche mĂ©ritĂ©e, puis m’effondre de fatigue sur le canapĂ©. Je m’endors presque instantanĂ©ment. Je me rĂ©veille 1h30 plus tard, Alexia arrive bientĂ´t et on va Ă  DĂ©cathlon pour m’acheter des sardines (de tente) supplĂ©mentaires. On fait ensuite les courses puis on cuisine un spaghetti bolognèse vĂ©gĂ©tarien. Après une journĂ©e d’effort, la nourriture est toujours absolument dĂ©licieuse, et j’en mange une quantitĂ© dont je ne soupçonnais mĂŞme pas que j’Ă©tais capable. Après ça, je suis crevĂ© et m’endors après avoir Ă©crit mon journal.

Aphorismes du jour:

Nager à contre-courant contre le vent à vélo.

Le summum de l’Ă©gocentrisme: ignorer un bonjour.

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