Dimanche 10 juillet 2022

25km, 1h55.

Piraeus.

Du centre historique jusqu’au PirĂ©e se trouve une des rares pistes cyclables de la Grèce, agrĂ©able pour rejoindre le port. Le ferry part Ă  14h30.

On longe un Ă©norme bateau cargo qui porte des centaines de containers tous de la mĂŞme taille et de la mĂŞme forme, dont la seule variante est la couleur. La plupart portent les grosses lettres « Evergreen ». Je ne peux dĂ©buter d’imaginer toutes les marchandises que contient ce seul bateau, leur lieu de provenance, le voyage qu’ils ont fait jusqu’ici et le chemin qui leur reste Ă  accomplir jusque dans les mains de leur destinataire. Une vue qui est le tĂ©moignage d’une prouesse logistique inimaginable du système, un vĂ©ritable miracle d’organisation qui s’Ă©panche jusqu’Ă  loin dans la sociĂ©tĂ© et requiert ultimement le travail de millions de petits humains. Je ne peux pas m’empĂŞcher d’ĂŞtre effrayĂ© en imaginant le coĂ»t Ă©cologique de cette opĂ©ration auquel je fais part, moi consommateur d’un pays industrialisĂ©. Lorsque l’engin est assez loin et que la vue s’est ouverte de nouveau, on remarque des dizaines d’autres bateaux de diffĂ©rentes sortes, qui attendent patiemment leur passage au PirĂ©e. Tous alignĂ©s dans la mĂŞme direction par l’effet du vent, on croirait voir une de ses photos de scène de guerre, les navires près Ă  dĂ©barquer. Une sorte de guerre ça l’est vĂ©ritablement, contre l’environnement. Tous ces bateaux sont dĂ©posĂ©s sur l’eau azur dont l’horizon coupe la scène du paysage en deux. Au-dessus, des montagnes se prolongent sur toute la ligne, et Athènes dĂ©borde de partout, des maisons de couleur blanche qui s’Ă©talent et s’Ă©talent. Devant cet arrière-plan, le nuage de fumĂ©e ingrat que notre ferry dĂ©gage, d’un brun industriel. Et tout cela pendant que la machinerie qui nous dĂ©place produit un boucan d’enfer dont les dĂ©cibels devrait ĂŞtre interdit. Je ne me sens pas bien dans un milieu comme cela, je questionne mon choix d’avoir pris le ferry. PenchĂ© au-dessus d’une carte, ce chemin me semblait sympa et pratique, pour assurer aussi une continuitĂ© dans mon dĂ©placement, sans devoir repasser par Corinthe. Et dire que j’ai aussi choisi de prendre le ferry pour la CrĂŞte…

Le bateau cargo.
Le Pirée derrière nous.

Sur le ferry, je revois le couple de jeunes Français de l’auberge. ArrivĂ©e Ă  Methana. Bain de souffre dans la mer.

Près de Methana.

En suivant la côte, je découvre une plage où le camping est toléré: plusieurs vans y sont parqués. Je décide de passer la nuit ici. Rencontre un couple de Français qui viennent de vendre leur bateau à voile dont le moteur a cassé, et ils ont spontanément acheté un van pour continuer leur voyage. Du coup, ils ont plein de vivres et me donnent des légumes

Cuisine au coucher du soleil.

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