Samedi 4 juin 2022

73km, 4h12.

Sarandë, Ksamil.

MatinĂ©e tranquille Ă  dire les adieux et les au revoir, puis je repars Ă  mon heure favorite de la journĂ©e, midi, parfait pour cramer sous le soleil de plomb en plein milieu de la vallĂ©e Drino, que je continue donc de longer vers le sud sur une trentaine de kilomètres. Étonnamment et inexplicablement, je ne trouve pas le pĂ©dalage si difficile aujourd’hui dans ces conditions difficiles. Pain-fromage devant un petit supermarchĂ© avant d’attaquer le petit col qui va me sortir de la vallĂ©e direction la mer.

Vue sur la vallée Drino.
Montée du petit col.

Sur le chemin, je m’arrĂŞte au Blue Eye, une source d’eau karstique devenue une attraction touristique incontournable de la rĂ©gion. C’est en effet incroyable de voir l’eau vĂ©ritablement apparaitre du sol de la montagne, de sortir de la terre et de commencer Ă  couler en formant une rivière. Source de puretĂ©, symbole de vie. Un spectacle accompagnĂ© de belles couleurs bleues, vertes, turquoise dans un cadre idyllique de nature verdoyante. Il y a des libellules bleu foncĂ© brillantes partout.

Le Blue Eye.
Un lac près du Blue Eye.

Après, je continue, très beau paysage et belles montagnes, et j’arrive Ă  SarandĂ«, ville dont j’ai beaucoup entendu parlĂ© par les autres voyageurs et qui semble ĂŞtre un point de passage de tous les guides touristiques. Mais c’est une ville simplement balnĂ©aire, sans grand intĂ©rĂŞt pour moi, je repars donc rapidement pour Ksamil, Ă  une dizaine de kilomètres au sud, d’oĂą je pourrai partir visiter Butrint demain. Ksamil est plus petit, plus calme, mĂŞme si ça reste une ville oĂą les touristes affluent en Ă©tĂ© pour profiter des plages privĂ©es et des restaurants surtaxĂ©s. Je trouve un petit appartement qui a tout ce qu’il faut pour dix-sept euros la nuit. Ça fait des jours que je mange de la nourriture traditionnelle albanaise, et mes papilles gustatives rĂ©clament dĂ©sespĂ©rĂ©ment du nouveau; je cherche donc des pâtes sur la rue principale. Je passe devant Just Simple, un petit bar Ă  l’ambiance bien sympatoche oĂą mixe un deejay. Après avoir mangĂ© un peu plus loin, je repasse devant le mĂŞme bar et m’arrĂŞte pour sentir le vibe et prendre l’atmosphère. J’ai peut-ĂŞtre l’air un peu bĂ©at, j’observe lĂ , curieux, avec une envie de m’approcher mais une crainte sĂ»rement complètement dĂ©sillusionnĂ©e de potentiels jugements que pourrait valoir une approche en solitaire d’un endroit qui a l’air si cool lorsqu’un gars me fait signe de le rejoindre et je vais m’asseoir Ă  cĂ´tĂ© de lui, et j’apprends qu’on est sur le banc des vip avec la copine et les amis du deejay. On boit un peu, puis on danse sur la musique, qui doit malheureusement terminer Ă  minuit, faute de la loi. La plupart des gens s’en vont, mais vingt minutes plus tard, le deejay s’y remet, crie « fuck police » et dans un tonnerre de fĂ©licitations on se remet tous sur la piste de danse, exaltĂ©s par l’interdit et la sensation de club privĂ©. L’ami du deejay, un albanais, me parle de libertĂ© et d’argent et d’acceptation des autres et leurs diffĂ©rences. J’apprends qu’ils vont tous aussi au Element Festival. La musique s’Ă©teint finalement vers deux heures et demie.

Au Just Simple.

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